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Un Front d’Éducation populaire ? Par Catherine CHABRUN

Le Nouvel Educateur, décembre 2008

dimanche 23 novembre 2008

Une annonce en forme de couperet

Le gouvernement annonce aux associations complémentaires de l’enseignement public qu’elles perdent à partir d’août 2009 la totalité de la subvention couvrant les dépenses salariales des détachés (qui remplaçaient les mises à disposition supprimées l’année précédente) ainsi que 25 % de la subvention de 2008. Il y a trois ans, la mobilisation pour défendre les mises à disposition n’avait guère reçu d’échos aussi bien dans le monde de l’éducation que d’une façon plus large, dans l’opinion publique. La perception de l’événement s’arrêtait à la défense de quelques privilèges mais l’enjeu politique, l’idée même d’Education populaire étaient restés inaudibles.

Comment ces associations peuvent-elles se faire entendre et mobiliser l’opinion publique pour les défendre ?

Ces héritières de l’Education nouvelle et du grand mouvement d’Education populaire du XXe siècle ne sont-elles pas dans une situation paradoxale : compléter un système éducatif qui ne se fonde pas sur les mêmes principes, les mêmes finalités qu’elles ?

Ne sont-elles pas instrumentalisées lorsqu’elles mettent en place des dispositifs qui parfois contredisent leurs projets initiaux ?

Ces dernières années, face aux menaces rétrogrades, n’ont-elles pas défendu le statu quo, la politique éducative réalisée depuis vingt ans ?

Ces mouvements pédagogiques et d’éducation populaire n’ont-ils pas parfois défendu l’indéfendable et cautionné quelques réformes un peu moins mauvaises ?

Elles se retrouvaient ainsi, dans l’opinion publique remarquablement bien manipulée par les médias, co-responsables de l’échec généré par cette même politique. Ne se sont-elles pas éloignées des classes populaires ?

Les mouvements pédagogiques et associations d’éducation populaire n’ont-ils pas ainsi perdu toute crédibilité ?

Pour une éducation populaire et émancipatrice

Il est temps que ces associations retrouvent un message clair, sans compromis, qu’elles affirment et assument leurs principes, leurs valeurs, leur pédagogie pour une éducation populaire et émancipatrice.

Elles doivent faire entendre que les réussites affichées sont portées par un petit nombre d’éducateurs et d’enseignants fortement engagés ! Qu’elles sont à la marge de l’Education nationale dans des petites niches innovatrices, quelques établissements expérimentaux, quelques classes et écoles différentes…

L’Education populaire est un enjeu politique qui doit parler fort pour que l’opinion publique, déformée par tant d’idées reçues, l’entende !

Pour que leur voix soit forte, les associations doivent faire front ensemble !

Quelques pistes de travail :
- Informer l’opinion des enjeux et des effets de la politique éducative.
- Mettre en oeuvre une réflexion sur l’Education avec les syndicats, les partis politiques, les associations de parents d’élèves …
- Participer aux formations en mettant en lumière les pratiques pédagogiques innovantes.
- Mettre en réseau tous les acteurs éducatifs pour une cohérence des pratiques dans les différents temps et espaces d’éducation.
- Représenter une force de résistance, de négociation, voire de désobéissance avec les institutions, qu’elles soient étatiques ou politiques.

Mais tout est à construire … ensemble !

Catherine Chabrun, le 4 novembre 2008

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