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CORDILLOT Michel, BATAILLE Alain, Former les hommes et les citoyens : Les réformateurs sociaux et l’éducation, 1830-1880

Les Editions de Paris-Max Chaleil, Collection : Essais et documents, 2010, 213 p., 16,50 €

mercredi 29 septembre 2010, par Antoine MICHELOT

Présentation de l’éditeur :

Pour tous les réformateurs sociaux du me siècle, changer la société implique de changer radicalement l’école. Aussi débattent-ils passionnément des problèmes de l’éducation et de la formation du citoyen. L’ouvrage rassemble un grand nombre de textes publiés entre 1830 et 1881, qui sont replacés dans leur contexte et commentés. Certains sont dus aux grandes figures de l’époque, d’autres sont peu connus, voire inconnus, extraits de brochures populaires, d’almanachs, ou encore de tracts. Parmi les noms célèbres : Louis Blanc, Cabet, Fourier, Gambetta, Godin, Victor Hugo, Gustave Lefrançais, Lissagaray, Benoît Malon, Proudhon, Raspail, Renouvier, Saint-Simon, Flora Tristan, Varlin, Paul Bert... Pour cette frange de la société allant de la gauche républicaine à l’extrême gauche radicale, la question scolaire trouvera son aboutissement provisoire avec les lois établissant l’école laïque, gratuite et obligatoire, que Jules Ferry fera voter entre 1879 et 1882. Mais beaucoup des problèmes soulevés à l’époque . restent néanmoins d’une actualité saisissante.

Biographie de l’auteur :

Alain Bataille, enseignant retraité, président du Musée du livre scolaire à Auxerre, et Michel Cordillot, professeur à l’université Paris 8, spécialistes du mouvement ouvrier au XIXe siècle, fondateur des Cahiers Charles Fourier.

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Former les hommes et les citoyens : Les réformateurs sociaux et l’éducation, 1830-1880


Le livre rassemble des textes d’auteurs connus ou inconnus : Louis Blanc, Etienne Cabet, Charles Fourier, Jean-Baptiste Godin, Victor Hugo, Joseph Proudhon, Saint-Simon, Flora Tristan, Paul Bert, Jenny d’Héricourt, James Guillaume, etc. (Laurence B.)

Voici quelques extraits pour donner un petit aperçu :

"L’éducation habituera d’abord l’enfant à se servir continuellement de son intelligence et de sa raison, à observer, à examiner, à comparer, à expérimenter, à tout soumettre au raisonnement, à se rendre compte de tout, à demander toujours pourquoi ? L’enfant ne sera ni crédule, ni confiant à l’excès, ni peureux, ni gangrené de préjugés. Il aura l’habitude de répondre sans hésiter je ne sais pas, quand il ignorera réellement, parce qu’il ne rougira pas d’ignorer"p.44 (Etienne Cabet)

"Poussé par la curiosité, par le désir de s’élever, par l’émulation, l’enfant sentira bientôt la nécessité de s’occuper des sciences dont les principes lui manquent dans les travaux pratiques, et de lui-même, il se rendra aux cours théoriques qu’il est toujours libre de fréquenter. L’éducation harmonienne se plie à tous les détails de chaque individualité : elle va chercher toutes les facultés de l’homme pour les développer harmonieusement."p.51 (Charles Fourier)

"Les instituteurs devront se poser comme loi fondamentale de développer simultanément les facultés aimantes et intelligentes de chaque enfant. Si l’on veut atteindre ce double résultat, il faut introduire dans la méthode à suivre un ressort très puissant, le pourquoi. Au lieu de surcharger la tête de l’enfant en surchargeant sa mémoire d’une foule de choses inutiles, on s’occuperait uniquement de développer son entendement par l’étude des pourquoi."p.65 (Flora Tristan)

"En même temps que les sens s’exerceront, et que la vigueur corporelle s’accroîtra par une intelligente gymnastique, la culture de l’esprit commencera, mais d’une façon toute spontanée : un certain nombre de faits scientifiques s’accumuleront d’eux-mêmes dans le cerveau de l’enfant.

L’observation individuelle, l’expérience, les conversations des enfant entre eux, ou avec les personnes chargées de diriger leur enseignement, seront les seules leçons qu’ils recevront dans cette période. Plus d’école arbitrairement gouvernée par un pédagogue, et dans laquelle les élèves tremblants soupirent après la liberté des jeux du dehors. Dans leurs réunions, les enfants seront complètement libres : ils organiseront eux-mêmes leurs jeux, leurs conférences, établiront un bureau pour diriger leur travaux, des arbitres pour juger leurs différends. Ils s’habitueront ainsi à la vie publique, à la responsabilité, à la mutualité ; le professeur qu’ils auront librement choisi pour leur donner un enseignement, ne sera plus pour eux un tyran détesté mais un ami qu’il écouteront avec plaisir."p.166 (James Guillaume, dirigeant de la fédération jurassienne de l’Association Internationale des Travailleurs proche de Bakounine)

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