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Sarkozy ou comment on cause. Par Sylvie Prioul

nouvelobs.com, 4/01/2011

mardi 4 janvier 2011

Le site Mediapart vient de mettre en ligne une lettre de Luc Chatel, ministre de l’Education, qui défend le « style » Sarkozy en matière de langue française. Edifiant

La langue française, on le sait, n’est pas ce que Nicolas Sarkozy maîtrise le mieux… Un député socialiste, François Loncle, lassé du relâchement du langage présidentiel – et imaginant peut-être devoir le supporter encore quelques années –, a posé, en février 2010, par les voies officielles, la question suivante au ministre de l’Education nationale : quelles « dispositions » entendait-il prendre pour « remédier sans délai » aux « fautes de langage de Nicolas Sarkozy » ?

Neuf mois après cette question écrite, Luc Chatel a pris sa plus belle plume et rendu sa copie le 7 décembre 2010, s’adressant directement au député. Allait-il prôner le châtiment corporel, le bonnet d’âne ou la méthode Freinet ? La réponse se trouve sur le site Mediapart, qui reproduit intégralement la lettre du ministre. Elle commence ainsi :

« Vous attirez mon attention sur le niveau de français pratiqué par la président de la République, niveau que vous jugez insuffisant,voire indigne au regard de ses fonctions de représentation et auquel vous me demandez de remédier. S’il est évidemment des questions plus importantes, je tiens néanmoins à vous apporter une réponse complète sur le sujet. »

Soulignant la difficulté de l’expression orale, « soumise à de multiples contraintes », il continue : « Vous reconnaîtrez d’ailleurs que […] le président de la République montre de grandes qualités rhétoriques, telle que la force expressive, la conviction, l’à-propos, la repartie ou la puissance d’évocation. » N’en jetez plus !

Mais le plus beau est à venir : « […] en ces temps de complexité et de difficulté, le président de la République parle clair et vrai, refusant un style amphigourique et les circonvolutions syntaxiques qui perdent l’auditeur et le citoyen. » C’est donc pour notre bien à tous et pour ne pas fatiguer inutilement nos neurones que le président s’exprime de cette façon : « On s’demande c’est à quoi ça leur a servi toutes ces années (d’études) pour avoir autant de mauvais sens » (sic, mars 2009).

Alors, qu’est-ce qu’on dit ?

Sylvie Prioul

Voir en ligne : nouvelobs.com

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