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LECOINTRE Guillaume, "Comprendre et enseigner la classification du vivant"

Belin, 2004, 2e éd. 2008, 311 p., 27 € (Préface d’André Giordan)

vendredi 2 novembre 2007, par Antoine MICHELOT

Non ! La classification n’est pas morte. Pire… elle met les enseignants en crise !

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Préoccupation humaine de toujours, les classifications sont multiples. Mais au fait comment classer ? Faut-il faire comme Bécassine, la célèbre petite bretonne de La semaine de Suzette qui rangeait ensemble tous les éléments rouges, qu’ils soient serviettes, crayons ou tomates ? Faut-il imiter ces restaurateurs qui classent les coquillages et autres « fruits de mer » dans les poissons ? Au fait quels sont les critères de ce groupe pour un aubergiste ? Ou faut-il classer comme Buffon, chercheur prestigieux par ailleurs, qui regroupaient les êtres vivants dans leurs rapports avec l’Homme ? Il n’était pas le seul au XVIIIe.

Mais d’abord pourquoi classer ?… Ou encore pourquoi André Giordan –si je peux modestement me citer !- pour une préface sur la classification. Pourquoi un physiologiste, de surcroît épistémologue ? Et surtout pourquoi quelqu’un qui tournait en dérision les livres et les pratiques pédagogiques en usage sur la classification !

Tout simplement, la systématique, cette science de la classification, et son enseignement ont fait leur saut quantique.... Elles n’ont plus rien à voir avec ce qu’elles étaient dans un passé récent ! Il ne s’agit plus de classer pour trier, ranger, repérer, engranger ou pour… le plaisir de classer ! Il s’agit de répertorier pour comprendre, pour comprendre une histoire. Et par n’importe laquelle : celle de la Vie, celle des êtres vivants. Les résultats sont décapants, mais tellement plus formateurs que la connaissance des pièces buccales d’un crabe ou du nombre des sépales d’un coquelicot ! Désormais –il faudra s’y faire- les poissons n’existent plus… Les termes de "reptiles" ou d’"invertébrés" n’ont plus aucun sens, du moins sur le plan scientifique. Pire, les dinosaures n’ont pas disparu !… Les crocodiles sont plus proches des oiseaux que des lézards. Enfin, nous -membres de noble espèce humaine- nous ne sommes plus au centre de la Nature. Et nous devons dorénavant nous considérer plus proche de certains champignons des sous-bois, comme les lactaires ou les russules que d’une belle rose… Non ! Il ne s’agit pas d’élucubrations sans fondements. En s’appuyant sur les méthodes les plus actuelles de la recherche scientifique, ce sont quelques uns des bouleversements que nous apprend ce livre. Pas simple à concevoir tout cela !.. Il devenait ainsi important de faire un état de la question pour tous ceux qui sont chargés de l’enseigner ou de le médiatiser. C’est tout le mérite de ce livre coordonné par Guillaume Lecointre, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle.

Mais son mérite principal est ailleurs... Il pose la question du changement de nos habitudes mentales, et cela dans une époque de mutation où cette transformation devient un enjeu social. Les résultats de ces travaux nous obligent à regarder et à décrire le monde autrement. Face à ce qu’on prenait pour un poisson, nous devrons désormais faire un cheminement similaire à celui que nous effectuions pour exclure les baleines et les dauphins de ce groupe… Peut être même, il devra être plus complexe ; il ne s’agit plus d’exclure cette fois, il s’agit de concevoir autrement et de mettre en avant des mots différents.

Dans cette direction, cet ouvrage propose une autre approche de la classification, aussi bien pour l’école maternelle que pour les premiers cycles universitaires. Car désormais celle-ci reprend sens pour la classe. Convoquant Carl von Linné, Charles Darwin et Willi Hennig et bien d’autres, Guillaume Lecointre et ses collègues retracent les grandes étapes de l’élaboration de cette nouvelle démarche. Ils montrent notamment comment la théorie de l’évolution, a permis de fonder les relations de parenté entre les êtres vivants.

Toutefois, ne prenez pas ce livre pour un pensum… ou un traité théorique de plus ! Avant tout, il aborde les questions concrètes de la classe. Comment faire apprendre à l’avenir cette science qui a tant changé ? Tout de suite, on s’aperçoit qu’il ne suffit pas d’observer pour « bien » classer. Les cheminements sont beaucoup plus complexes et rejoignent en tous points nos travaux sur l’apprendre.

La pensée de l’apprenant qu’il soit enfant ou adulte se doit d’être transformée à son tour ; et pour y parvenir, il n’y a jamais rien d’évident. Aucune recette n’existe, c’est un environnement didactique qu’il s’agit de mettre en place. Bien des ressources et des outils sont nécessaires. Quelques uns de ceux qui ont « réussi » dans des classes témoins sont ainsi proposés.

André Giordan


Présentation de l’éditeur :

On n’enseigne plus que le Soleil tourne autour de la Terne. Pourtant, en biologie, la révolution copernicienne n’est pas encore complètement effective. On continue souvent à confondre tri et classification ou à apprendre des noms de groupes qui, tel " invertébrés ", ne disent rien des êtres vivants qu’ils désignent, mais renvoient à la place que se donnait l’homme dans la Nature voici deux siècles. Aujourd’hui, l’homme n’est plus au centre, et la classification du vivant a changé. Fruit de plusieurs années de travail sur le terrain, ce livre n’est ni un ouvrage de pédagogie théorique, ni un ouvrage de systématique, mais un guide pratique. Il fournit aux enseignants un rappel synthétique des principes de la classification du vivant, ainsi que les outils leur permettant de l’enseigner, depuis l’école primaire jusqu’aux classes préparatoires. Les auteurs ont constaté que la pédagogie active qui a été élaborée, au départ, pour l’école primaire, pouvait parfaitement être adaptée pour le collège, le lycée, voire au-delà. Aussi, à partir d’une plate-forme pédagogique commune, pour chaque niveau, ils proposent des pratiques de classe. Issues d’expériences de terrain, élaborées conjointement par un chercheur du Muséum national d’histoire naturelle et des enseignants, elles sont contrôlées scientifiquement, testées en classe et conformes aux programmes. Elles impliquent un travail autour de collections rigoureusement sélectionnées d’êtres vivants, familiers des élèves et des professeurs. Cet ouvrage est l’outil indispensable pour enseigner, à tous les niveaux, la classification du vivant.

Au sommaire :

- L’essentiel des connaissances scientifiques

  • Comprendre la classification du vivant
  • L’enseignement de la classification du vivant : les principaux écueils scientifiques

- Protocoles pédagogiques au primaire

  • Les choix pédagogiques pour l’enseignement des science et de la classification du vivant
  • Protocoles pédagogiques pour la maternelle
  • Protocoles pédagogiques pour le cycle 2
  • Protocoles pédagogiques pour le cycle 3

- Protocoles pédagogiques au collège, au lycée, en prépas

  • La classification du vivant au collège
  • La classification du vivant au lycée
  • La classification du vivant en classes préparatoires

- Collections et arbres

  • Les collections
  • Classification simplifiée du vivant

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Comprendre et enseigner la classification du vivant


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P.-S.

MàJ : 2009/04/10

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