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MAURY Yann (dir.), Les coopératives d’habitants. Méthodes, pratiques et formes d’un autre habitat populaire

bruylant.be, 2009, 432 p., 35 € (indisponible actuellement)

mercredi 17 décembre 2008, par Antoine MICHELOT

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 Présentation de l’ouvrage

Les coopératives d’habitants sont elles les outils de l’abondance qui, en ce début de XXIe siècle, sauront répondre à l’échelle de notre continent européen, aux défis et aux incertitudes qui pèsent lourdement sur l’habitat populaire ? Constituent-elles la solution équitable, l’avantage rationnel (J.Rawls), en mesure de répondre au désajustement qui perdure et s’aggrave entre une offre de logements issue du secteur privé ou social et des demandeurs considérés comme « non banquables », au regard des critères établis par le marché immobilier ? S’agit-il ici pour les précaires, les chômeurs, les travailleurs pauvres, les populations migrantes et les classes moyennes désolvabilisées par la « main invisible du marché », d’une formule du troisième type ou plus précisément, d’une autre voie possible pour le logement populaire ? En dépit de données quantitatives qui demeurent modestes - pour illustration, quelques milliers de logements coopératifs en Italie depuis la fin des années 90 et quelque 60.000 logements coopératifs édifiés au Québec depuis le début des années 70 - la réinvention des coopératives d’habitants donne à voir des modes de fabrique alternatifs à la conception d’un logement populaire qui apparaît largement dépassée, tant dans sa vision quantitative et fordiste que dans son acception marchande.

Pionnière en Europe la région italienne du Lazio ( Rome) vote en 1998, à l’unanimité droite-gauche, une loi régionale qui légalise toute occupation d’un bâtiment public laissé vacant par son propriétaire (commune, organisme de logement...). Les habitants coopérateurs assurent la remise en état des logements, tandis que le propriétaire (souvent la commune), dans une démarche de « développement durable » (installation de chauffage solaire, dispositifs de récupération des eaux de pluie, utilisation de peintures bio-dégradables..), prend à sa charge la rénovation des parties communes. Des ménages et personnes seules disposant de très faibles revenus, souvent victimes d’expulsions, retrouvent par ce biais un logement décent, le plus souvent localisé dans les centres urbains.( par exemple à Rome). Ce faisant, les coopératives d’auto récupération résidentielle permettent, sur la base d’investissements financiers modiques (de –30% à – 50% au regard des prix du marché libre), mais également autour d’une forte mobilisation du « capital humain », de passer de l’habitat insalubre à l’éco-habitat. Aux côtés des coopératives « d’auto récupération résidentielle », se développe depuis le début des années 2000 une filière orientée vers l’auto construction. Dans plusieurs villes italiennes comme à Pérouse, Milan, Naples, Rome ou Turin, il est proposé en égales proportions à des classes moyennes mal ou peu solvalbilisées, mais aussi à des populations issues de l’immigration, un projet coopératif d’accession sociale à la propriété. En appui, coopératives d’habitants et collectivités territoriales mobilisent des institutions financières et bancaires originales, telles que la GEPAFIN (SEM de la région Ombrie) ou la « banca etica » (banque éthique), dont le rôle ne se borne pas à l’octroi de simples prêts bancaires, mais bien à un accompagnement sur la durée de projets immobiliers et humains.

Si les sociétés locales italiennes apparaissent ici comme les précurseurs d’un renouveau du coopératisme (Latium, Lombardie, Piémont, Emilie Romagne), des coopératives du même type surgissent désormais un peu partout dans de nombreuses métropoles européennes (Bruxelles, Rotterdam, Londres, Madrid, Berlin, Copenhague...) et américaines (Québec, Buenos Aires...) C’est ce qu’évoquent par le menu dans cet ouvrage collectif dirigé par Yann Maury, les auteurs issus des deux continents (européen et américain) qui se succèdent au fil des pages : membres de coopératives, ONG et militants engagés en faveur de la défense du droit au logement, chercheurs, architectes et universitaires, élus locaux, institutionnels.. Au moment où la loi DALO (mars 07) entre dans un processus opérationnel, les services spécialisés de l’Etat français, les régions, les collectivités territoriales françaises et d’une façon générale, les autorités organisatrices qui sont confrontées à un désajustement croissant entre offre et demande de logements accessibles (pour illustration l’agglomération lyonnaise compte une file d’attente de 44.000 demandeurs de logements sociaux non satisfaits), ne sauraient négliger de tels dispositifs susceptibles de constituer une alternative crédible à la situation de pénurie durable de logements abordables. Sur fonds de décor de mutations radicales des Etats providence européens, des reliquats de l’ancien modèle industriel du logement social de masse et de crise financière internationale, les coopératives d’habitants, qu’elles interviennent sur le registre de l’auto récupération résidentielle ou de l’auto construction, se révèlent être le maillon résidentiel nécessaire, mais jusqu’ici absent de la chaîne légitime du logement social.

 SOMMAIRE

Remerciements

Présentation générale de l’ouvrage

Avant propos. Marie Odile NOVELLI. Vice présidente de la région Rhône Alpes

Préface de François PERDRIZET. Ancien directeur de la recherche au Ministère de l’Equipement

Yann MAURY. « Les coopératives d’habitants, des outils pour l’abondance ». Docteur d’Etat en Science politique. ENTPE & Université de LYON

Chapitre I Les coopératives d’habitants en Italie

Introduction. Yann MAURY. « Les coopératives d’habitants ou les trois pieds de la marmite sociale ».

Section 1 : « L’autorecupero », de l’habitat insalubre à l’éco-habitat

Manfredo PROJETTI. « Luttes urbaines et droit au logement à Rome. L’éclosion de la coopérative Inventare l’abitare ».

Cesare OTTOLINI. « Les coopératives d’habitants, les figures de l’habitant et du constructeur réunifiées » ONG. International Alliance of Inhabitants.

Maurizzio CROCCO. « Piazza Soninno, coopérateurs habitants de l’autre côté du Tibre ». Archabout. Rome

Ilaria VASDEKI. « Auto récupération d’espaces urbains à Piétralata ». Archabout. Rome.

Mario Luca Rosario LEANTE. “ Les habitants, acteurs de la transformation des territoires ». Archabout. Rome.

Fiches de cas :

- « L’auto récupération résidentielle à Rome, de l’occupation illégale à la normalisation municipale ». Entretien avec Marina VECCHIARELLI. Architecte. Responsable du service de la requalification urbaine. Département XIX. Ville de Rome.

- Jean Victor MICHEL. « L’autorecupero à Rome après les élections municipales d’Avril 2008 ». Elève ingénieur ENTPE. Université de LYON.

Section 2 : Les coopératives d’auto construction en Italie, un autre accès à la propriété sociale

Ottavio TOZZO. « ALISEI, ONG de l’auto construction ». Architecte

Ilario FARABEGOLI. « L’auto construction à Ravenne. Un nouveau contrat social pour le logement populaire ». Adjoint au maire de Ravenne en charge des politiques du logement.

Rénata PAOLUCCI. « Des campements de nomades au village de l’espoir. La vie des Rroms et Sinti à Padoue »

Fiches de cas :

- Roberto SPIGA « Pourquoi l’auto construction ? Réponse aux sceptiques ».Coopérative « casa futura »

- « Coopératives d’auto construction en Emilie Romagne » Document technique ALISEI

- Cléo ALBANESE. « La coopérative DADO. « Terra del fuoco » ou comment les « Rroms » peuvent aussi devenir de bons italiens »

- Aurelia ORTIZ PENA. « Tous unis par le projet. Coopérative d’auto construction à Paderno »

Section 3 : Habitat populaire et territoires, le rôle des acteurs institutionnels en Italie

Paolo FERRERO. « Le logement social, sans condition, sans compromis ». Ancien ministre italien de la solidarité sociale.

Damiano STUFARA. « Les coopératives d’habitants en région Ombrie, de l’ombre à la lumière » Coordinateur national des régions italiennes pour le logement. Vice président de la région Ombrie.

Mario CAVANI. « L’éthique au coeur de la finance. La banca etica, un modèle anti subprimes ? » Vice président de la Banca etica.

Roberto TRICARICO. « Les coopératives d’habitants, nouvelles formes du logement abordable ». Adjoint au maire de Turin en charge du logement.

Luciano CECCHI. « Les coopératives d’auto construction, vecteur de l’activation des dépenses sociales ». Président de la FEDERCASA. (Fédération italienne du logement)

Yann MAURY. « Les coopératives d’habitants, une troisième voie à l’italienne ? ».

Chapitre II Coopératives, auto construction et habitat autogéré en Europe du Nord (Belgique, Angleterre, Pays-Bas, France)

Introduction. Yann MAURY

Nicolas BERNARD. « Le squat, réappropriation alternative de l’espace urbain et vecteur du droit au logement » Professeur aux universités de St Louis. Bruxelles

Fiche de cas : Paul TRIGALET « L’auto construction en Belgique : de l’illégalité à la reconnaissance d’une utilité sociale ». Solidarités nouvelles.

John GILLESPIE. « L’auto construction en Angleterre, une troisième voie communautaire pour l’habitat populaire » Community self building Agency (CSBA). Londres.

Peter BLAKENEY & Christine SCHOEFFLER. « Poortgebouw, bateau fantôme d’une occupation autogérée ». Rotterdam, Pays-Bas

Bertile DARRAGON & Marc FAVIER & Michel ROHART « Les coopératives d’habitants : une troisième voie à développer pour la France ». Habicoop. Lyon. France.

Fiches de cas : Habicoop. Lyon. « Village vertical à Villeurbanne & Hameaux durables en Cévennes ».

Laurent ARNAUD. « D’autres matériaux, pour un autre habitat ». Chercheur à l’ENTPE (LGM) et directeur des grands ateliers de l’Isle d’Abeau. France.

Nicolas BERNARD. « La problématique des campings permanents en Wallonie. Zones de non droit ou lieux d’expérimentation sociale ? »

Chapitre III Coopératives d’habitants et d’entraide mutuelle sur le continent américain (Québec, Argentine)

Introduction. Yann MAURY

Marie BOUCHARD. « Innovations sociales et nouvelle régulation associative. Le logement communautaire au Québec » (Canada) Professeure. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie sociale UQAM.

Irène Fernández ÁLVAREZ. « Coopératives d’habitants et lutte contre la pauvreté à Buenos Aires. Du mouvement des Piqueteros à la coopérative EMETELE » (Argentine). Architecte. INARCAN. Cantabria. Espagne.

Nadège PARANT. « Un programme d’habitat coopératif dans la ville de Buenos Aires. La cité « Monteagudo ». Diplômée en Mastère de l’Université de Poitiers. Département de géographie urbaine.

Cristina REYNALS. « Entraide mutuelle et place des habitants à la coopérative El Ceibo, entre dignité et travail » (Argentine). Professeure et chercheure à Université de Buenos Aires. Directrice de l’institut du logement.

Conclusion générale de l’ouvrage

Présentation de l’auteur :

Jean Louis LAVILLE. « Nouvelles coopératives et solidarité démocratique ». Professeur titulaire de la chaire relations de service au CNAM, chercheur au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique et coordinateur pour l’Europe du Karl Polanyi Institute of Political Economy.

bruylant.be

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Les coopératives d’habitants : Méthodes pratiques et formes d’un autre habitat populaire

P.-S.

MàJ : 26/04/2011

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