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LE BOHEC Paul, "L’école, réparatrice de destins ? Sur les pas de la méthode Freinet"

L’Harmattan, 2007, 264 p., 23 €

vendredi 9 novembre 2007, par Antoine MICHELOT, Paul LE BOHEC

 Présentation

4e de couverture :

L’école, réparatrice de destins ?

À dix-neuf ans, je me suis trouvé embarqué dans le métier d’instituteur que je ne connaissais pas.

Au début, je n’ai pu compter que sur mes seules ressources pour bâtir ma pédagogie, en me basant toutefois sur une idée que j’avais trouvée dans une revue. Mais quand, au bout de cinq années de tâtonnements, j’en ai découvert l’auteur, Célestin Freinet, j’ai adhéré à son Mouvement et j’ai participé aux travaux en cours.

Après vingt ans d’expérimentations, j’ai repris mon autonomie et j’ai alors abordé des domaines qui n’avaient pas encore été explorés. J’ai même pu poursuivre mes "recherches-inventions" à un plus haut niveau parce que, après mai 68, j’ai été coopté par un groupe d’enseignants de l’IUT-Carrières Sociales de Rennes.

Curieux de connaître les raisons de mon si fort investissement dans la pédagogie, j’ai analysé ma trajectoire de vie et, dans la foulée, celle de quelques-uns de mes anciens élèves. J’ai alors découvert que certains d’entre eux, que j’avais cru déficients, n’étaient en fait qu’encombrés. Grâce à la pédagogie de l’expression-création, un nettoyage intérieur leur avait permis de devenir, à l’égal des autres, capables de connaissance.

"L’expression, a dit Pierre Boulez, suppose un explosif. Il faut donc un explosif et une amorce, un détonateur pour l’allumer."

Pour moi, c’est clair : l’explosif existe en toute personne de par ses débuts dans la vie, à travers ses incidents et ses accidents d’enfance. Et chaque création d’une nouvelle technique pédagogique constitue une nouvelle amorce.

Je pense en définitive que l’enseignement devrait permettre à chacun de se construire une culture personnelle, sur la base de ses données de départ, par le moyen de l’expression-création et au sein d’un groupe positif.

Paul le Bohec

En décidant de s’appuyer sur la Vie et sur la nature de l’être humain, la Pédagogie Freinet a effectué un grand pas. Mais pour que chaque enfant ait des chances de se trouver placé sur sa ligne optimale de développement, il faut lui offrir bien des voies de réalisation de soi. Cet ouvrage traite de l’invention de nouvelles techniques d’enseignement et des changements, parfois surprenants, qu’elles ont pu provoquer.

Paul Le Bohec, né en 1921, a écrit de nombreux articles et ouvrages de pédagogie ; il a assuré des centaines d’animations pédagogiques.

Table des matières

- I - Un métier et un milieu pratiquement inconnus, Gévezé, Le b...a = ba
- II - Le patois, Lecture musicale, L’école et la guerre
- III - Orgères, Un directeur, Un poste double, Langourla
- IV - Quatrième poste, Trégastel, Premières productions, Lettres de Freinet et de sa femme Élise
- V - Créations orales collectives, Productions, Origine géographique
- VI - Le journal scolaire, Méthode naturelle de lecture, Planning-lancement, Planning-constat, Correspondance, Calcul, Le non-conseil
- VII - Virage serré, Importantes décisions, Premier texte "thérapeutique", Parole orale individuelle, Action magnétophonique, Le bégaiement, Le petit balai, La neige
- VIII - Le chant libre, Gérard l’H., Dialogue de la mort, Nouveau départ, La part du maître, Poésie, Musique, Clavier
- IX - Méthode naturelle de mathématiques, Bachelard, Popper, Cage à fils
- X - Méthode naturelle de dessin-peinture, L’art, La thérapie, La liberté, Volumes
- XI - Une dyslexie, Textes à suspense, Rencontre avec Rémi, Tâtonnement de l’inconscient
- XII - IUT, Instauration d’un atelier de libre écriture collective, Développement, Le travail sérieux, Bilans
- XIII - Animations diverses, L’écoute musicale, L’écoute picturale, Don et contre-don
- XIV - Problème de la prise de parole en plénière, La co-biographie orale collective, Le mémoire, La co-biographie par correspondance
- XV - Pourquoi ?, Un traumatisme psychologique, Partir de zéro, Le développement, La famille, Jeannette
- XVI - Complexité, Maths, Coupélacabache, Babillage, Composantes
- XVII - L’actualité des idées de Freinet, Une ligne optimale de développement, L’enseignant, Le Mouvement Freinet, Les enfants, Aujourd’hui
- XVIII - Trajectoire de vie, Départ, Quatre santés, À chacun sa ligne
- XIX - Une classe... unique, Expressions, Guérison ?
- L’école, réparatrice de destins ? Autres exemples de déclics
- Réflexions
- Postface de Philippe Meirieu
- Bibliographie
- Documents d’accompagnement sur internet

Postface de Philippe Meirieu :

J’aurais vraiment aimé découvrir cet ouvrage de Paul Le Bohec bien plus tôt. Il m’aurait infiniment aidé, aussi bien dans mon travail de recherche que dans mes pratiques d’enseignant, dans mon activité militante que dans mes engagements politiques.

....

Site de Paul LE BOHEC

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L’école, réparatrice de destins ? : Sur les pas de la méthode Freinet


 Commentaires sur des sites

Sur le site de Bernard Collot

Ouest-France

vousnousils.fr


Le Café Pédagogique, 21/12/07 :

Les leçons d’humanité de Paul Le Bohec

Foin des éditoriaux dénonciateurs, donneurs de leçons, preneurs de distance ou encore synthétiseurs à problèmes. Qu’on nous permette pour une fois de mettre cet éditorial au service du témoignage humain, celui de Paul Le Bohec. Retenez ce nom.

De lui, Philippe Meirieu écrit : "J’aurais vraiment aimé découvrir cet ouvrage de Paul Le Bohec bien plus tôt. Il m’aurait infiniment aidé aussi bien dans mon travail de recherche que dans mes pratiques d’enseignant". C’est que Paul Le Bohec est d’abord un infatigable chercheur, un libre expérimentateur permanent en matière de pédagogie.

Nommé instituteur durant la seconde guerre mondiale, il tombe un peu par hasard sur les ouvrages de Freinet. S’en suit des dizaines d’années de correspondances et de confrontation avec le maître. Car Paul Le Bohec est un Freinetien convaincu. C’est-à-dire que c’est d’abord un esprit libre, capable d’imaginer ses propres solutions et de s’écarter de la doxa du maître quand il l’estime nécessaire. Il remet en question le journal, le conseil, la coopérative mais garde jalousement ses techniques d’expression. "Je n’ai pas toujours suivi Freinet parce que la vie avait changé", nous écrit, dans un mail, à 86 ans, P. Le Bohec. "Par exemple, lors de l’apparition des maths modernes, j’ai compris qu’on ne nous demandait plus de former des calculateurs, mais des mathématiciens. Cela changeait la donne. Il fallait se désengluer du réel alors qu’il était à la base des conceptions de Freinet. Ce qui lui avait permis, en son temps, de faire effectuer un pas considérable à la pédagogie".

Impossible ici de retracer 60 années d’enseignement, de recherche où P. Le Bohec s’est dévoué à faire progresser les 6 – 9 ans en misant sur les activités d’expression. Le rôle de l’enseignant ? Accoucheur d’enfants ! " Le "freinétien" est dans cette situation" nous dit-il" "le chaos existe en l’enfant. Il faut en faire un monde et réduire ses pulsions à des formes élégantes afin de lui permettre de retirer un maximum de bénéfices de sa trajectoire particulière de vie".

Voilà un livre à méditer. Pour la leçon d’histoire des mouvements pédagogiques qu’il nous donne. Mais aussi pour la leçon d’humanité qu’il partage avec nous. Offrez-vous cette rencontre avec P. Le Bohec !

Le Café pédagogique, 21/12/07

Les Cahiers pédagogiques, mai 2008


 Commentaires sur les listes Freinet

Et le livre de Paul Le Bohec ? Qui l’a lu ?

Moi ! évidemment !

"J’aurais vraiment aimé découvrir cet ouvrage de Paul Le Bohec bien plus tôt. Il m’aurait infiniment aidé, aussi bien dans mon travail de recherche que dans mes pratiques d’enseignant, dans mon activité militante que dans mes engagements politiques. Paul Le Bohec, tout d’abord, m’aurait libéré d’une vision trop dogmatique de la pédagogie coopérative et du mouvement initié par Célestin Freinet " Philippe Meirieu dans la postface.

Je n’ai jamais eu d’admiration pour Meirieu qui, à mon sens, n’a jamais vraiment bien compris vers quoi nous poussions. Et bien ça y est ! il vient de commencer à comprendre ! Il a fallu le bouquin de Paul pour ça !

C’est un pavé. Mais il fallait un pavé pour extirper d’une complexité qui s’est construite puis décantée au quotidien pendant plusieurs décennies, la simplicité éblouissante de nouvelles pistes qui prolongent bien loin la PF. Un seul reproche à Paul : il sous-titre son livre "sur les pas de la méthode freinet", il aurait dû le sous-titrer : "dans le prolongement de le pédagogie Freinet" ! C’est bien Paul qui apparaît enfin et non plus comme simple disciple de Célestin. Un livre de maître (pas que maître d’école !)

A lire en prenant son temps, en méditant et en oubliant le mauvais travail d’édition de L’Harmattan.

Bernard C., 27/11/07


Bernard, je te remercie pour la présentation que tu as faite de mon ouvrage. En ce qui concerne le titre, il y a eu quelque difficulté. L’éditeur voulait mettre :" Sur les pas de Freinet", ce qui correspondait exactement à la réalité, mais je lui ai signalé que cette formule venait d’être utilisée pour présenter le livre qui relatait le parcours de Pierre Guérin. L’éditeur a mis : "sur les pas de la méthode Freinet", alors que Freinet disait toujours qu’il n’avait pas construit une méthode. Et déjà ,certains copains ont bien l’intention de repréciser les choses. Moi aussi, au début, je râlais également quand on parlait de mathématiques naturelles au lieu de méthode naturelle de mathématiques. Mais c’est la mauvaise formule que s’est imposée dans les esprits.C’est également la formule "la méthode Freinet" qui est la plus fréquente dans le public.

L’essentiel, c’est ce que l’on met en dessous.

Les Italiens font plus fort. J’ai beau leur dire que ma formule, c’est : "On voudrait ne devoir son savoir qu’à soi seul", ils disent : "On ne devrait devoir son savoir qu’à soi seul.", ce qui est à l’opposé. Mais ce qui compte, c’est ce que l’on met exactement sous la formule.

Paul Le Bohec, 27/11/07


Je suis assez d’accord avec Bernard.

Cher Paul, j’espère que tu nous lis. Le mot "méthode"m’a dérangé. Je me bats depuis belle lurette pour que l’on parle de "pédagogie Freinet" et non de "méthode Freinet".

Et récemment encore, mes yeux tombent sur le livre d’Élise "Naissance d’une pédagogie populaire", avec en sous-titre : "(méthodes Freinet)", cette fois au pluriel.

À mon sens, l’on ne devrait garder que deux appellations : "techniques Freinet" (puisque c’est ainsi que lui-même et les premiers adhérents les appelaient) et "pédagogie Freinet", dénomination apparue, si je ne me trompe au congrès de Tours en 1964, deux ans avant sa mort.

Or il me parait qu’une méthode s’applique plutôt à un aspect sectoriel de l’éducation (la méthode Cuisenaire, la méthode naturelle de lecture, etc.) tandis que la pédagogie est plus transversale, c’est à la limite, un ensemble cohérent de méthodes qui s’appliquent à tous les champs de l’activité scolaire.

Encore une remarque : j’ai toujours regretté, dans mon travail de militant, qu’il soit fait référence au nom d’un pédagogue, si grand soit-il.

Ce fut le cas pour Decroly, Steiner et d’autres. J’aurais préféré "pédagogie de l’école moderne" ou quelque chose du genre (surtout pas nouvelle ni active, comme Freinet l’a démontré dans la BEM Moderniser l’école : "Nous disons bien École moderne et non École nouvelle parce que nous insistons beaucoup moins sur l’aspect nouveauté que sur celui d’adaptation aux nécessités de notre siècle..." et dans l’Éducateur technologique, en 1965 : "Nous éliminons volontiers de notre pédagogie le mot de nouvelle ; nous préférons le qualificatif de moderne, ou de modernisation qui montre le souci constant des réformateurs à travers les siècles d’adapter leurs techniques aux nécessités et aux possibilités de l’époque."

Henri L., 27/11/07


Moi Je l’ai lu, le livre de Paul, avant même qu’il soit paru. Pauvre Paul qui s’est battu contre la "méthode" et qu’il a fini par accepter pour que son livre paraisse. Triste histoire de titre et d’éditeur !

C’est un pavé, ce livre, mais si dense qu’il ne peut pas se résumer. C’’est un livre qu’il faut avoir lu pour comprendre ce qu’est véritablement la pédagogie Freinet et même peut-être plus.

Un livre essentiel qui fera date.

Guy G., 27/11/07

P.-S.

MàJ : 2009/04/10

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